Biographie

Né en 1982 à Yokohama, réside à Tokyo
Basé à Tokyo, il expose des œuvres et ses installations dans les galeries du monde entier. Le thème de son travail est la découverte d’un « axe temporel encore inutilisé ». Pour cela, il remet en question les valeurs relatives de la société et cherche à en tirer un nouvel absolu.
Représentant de seitaro design, inc.
Animateur radio sur FM Yokohama « Cultural Department Store ».
Conseiller créatif pour le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020.

Présentation
Pour son installation « Éloge de l’ombre » présentée en 2018, Seitaro Yamazaki a décidé de s’éloigner de l’obligation de « coller » les mots sur le papier et il a tenté de donner à ces derniers un espace et un axe temporel. Des feuilles de délicat papier japonais lui servent de support et il n’utilise aucune encre, qui est l’outil classique pour fixer l’écriture.

Grâce au jeu de mouvement des matériaux et de la lumière, les caractères apparaissent flottants comme s’ils s’étaient fondus dans l’espace. La feuille de papier japonais dans laquelle ils sont découpés est prise entre deux autres pages. L’ensemble est éclairé par des projecteurs placés derrière qui font ressortir les mots et leurs proportions par transparence uniquement. Dans l’espace d’exposition, l’éclairage est réduit au minimum pour mettre en valeur la lumière qui émane des œuvres. Dans la pénombre, les contours des caractères deviennent plus flous et révèlent l’espace d’un instant leurs charmes et leurs secrets. Les mouvements lumineux se mélangent aux sons et aux senteurs spécialement conçus pour accompagner l’installation. Tous les éléments entrent en résonance et poussent le visiteur à vivre une expérience presque rituelle. Cette œuvre représente bien le thème récurrent de l’artiste, qui cherche à découvrir un nouvel absolu dans un monde de relativité et à lui donner une forme.

Dans une société où tout est relatif, l’artiste souhaite révéler ce qui est absolu par nature, en écartant les concepts qui semblent absolus à première vue (par exemple, dans le cas de « Éloge de l’ombre », le fait de « coller » les mots sur le papier). On pourrait exprimer cela par l’idée d’un « axe temporel encore inutilisé ». Son travail consiste à découvrir cette dimension temporelle qui, pour diverses raisons, n’a pas été choisie au cours de l’évolution du genre humain, et à lui donner une nouvelle histoire et un nouvel éclairage.

Alors qu’il tente de redessiner cet « axe temporel qui n’a pas encore été utilisé », Seitaro Yamazaki met constamment l’accent sur l’importance de la nature. Depuis les temps anciens au Japon, on dit qu’il existe huit millions de dieux. Pour l’artiste, le sentiment de crainte mêlée d’admiration que l’on peut expérimenter face à la nature est en fait une sorte de rencontre avec une beauté absolue. Lui qui est né et a grandi au Japon considère la nature comme une existence absolue qui se trouve hors de son contrôle. Il croit en les valeurs qu’elle dissimule et c’est pourquoi il est continuellement à la recherche d’une relation avec elle et d’une manière de la représenter, à travers l’ikebana ou le lavis notamment.

En créant ses œuvres, Sei Yamazaki tente de capturer cette force naturelle qui agit fortuitement comme une existence relative par essence. Ainsi, pour « Éloge de l’ombre », il choisit de ne pas avoir recours à l’encre, mais seulement à la lumière, aux ombres et au papier pour donner forme à son idée, afin d’y intégrer ce souffle, ces concours de circonstances hors de son contrôle.

Tout en empruntant la force de la nature et du hasard, il remet sans cesse la relativité en question pour en tirer un nouvel absolu et tenter de dessiner cet « espace temporel qui n’a pas encore été utilisé ».
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